L’immobilier durable au cœur des enjeux écologiques

Dans le prolongement du rapport du Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) présenté au début de ce mois d’août, Rock-n-Data s’est intéressé à l’impact écologique du secteur de l’immobilier. Le rapport GIEC traite de la crise climatique actuelle en exposant de nombreux éléments scientifiques, les conséquences du dérèglement actuel et des solutions existantes. Parmi celles-ci, le secteur de l'immobilier a un grand rôle à jouer.

Un rapport GIEC alarmant

Il s’agit de la plus forte contribution scientifique sur le climat approuvée par 234 auteurs et 195 gouvernements. Deux autres rapports seront publiés courant 2022 et expliqueront les impacts des changements climatiques et les mesures potentielles à mettre en place pour les atténuer.

Ce rapport est publié tous les 5 à 6 ans et appelle à agir rapidement contre le réchauffement climatique. Il confirme que les émissions de gaz à effet de serre sont la première cause du dérèglement actuel et ont augmenté de 63% depuis 1990.

L’activité humaine étant toujours plus intense, la concentration de CO2 ne peut pas être absorbée par l’atmosphère. Cela implique une montée des températures moyennes et une instabilité météorologique de plus en plus présente, en témoignent les incendies, les inondations, les tempêtes ou les fortes vagues de chaleur... La fonte des glaces s’accélère et impacte le niveau de la mer, en hausse de 9 cm en 30 ans.  L’augmentation des températures générera une hausse de la fréquence de ces tragédies. Le seuil critique pour limiter le réchauffement climatique est de +1,5°C, seuil que l’on dépasserait en 2035 en l’état. Depuis le début de l’ère industrielle, la température a déjà augmenté de 1,1°C. Les cinq dernières années ont d’ailleurs été les plus chaudes jamais enregistrées.

Le rapport l’affirme de façon claire et objective : les activités humaines sont bien à l’origine de ces dérèglements.

Il est encore possible de modifier la trajectoire sur laquelle nous nous positionnons. Même si les délais sont de plus en plus resserrés, les solutions existent. Chaque gouvernement doit donc tenir ses engagements et mener des politiques en accord avec ces problématiques climatiques et environnementales. Cela doit passer par un effort collectif sans précédent. Avec pour objectif la neutralité carbone à l’horizon 2050, l’immobilier, qui représente en France près de 40% de la consommation finale d'énergie et 20% des émissions de gaz à effet de serre, a un rôle déterminant face à l’urgence climatique. 

L’immobilier et le bâtiment au cœur de la transition écologique

Pour atteindre cet objectif ambitieux, plusieurs solutions émergent, manœuvrées par les pouvoirs publics et les acteurs privés. D’importants efforts seront à déployer pour réduire les émissions liées aux constructions et au fonctionnement des bâtiments.

Conscient du défi à relever, l’immobilier met en place différentes mesures pour réduire son impact. 

Premièrement, le label Investissement Socialement Responsable (ISR). Lancé en 2015 par le Ministère de l’Economie et des Finances, il permet aux investisseurs d’identifier facilement les produits d’épargne conciliant performance financière et extra-financière. Ils intègrent des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) dans le processus de gestion et d’investissement.

Depuis le 23 octobre 2020, les fonds immobiliers peuvent eux aussi prétendre à une labellisation ISR. D’une part, cela implique une démarche encore plus vertueuse de la part des gérants, avec pour objectif de rendre leur parc immobilier plus responsable et parfaitement intégré aux enjeux actuels. Ils se concentrent d’ailleurs autour du patrimoine existant et sur lequel un véritable plan d’action est mis en place. Cela passe par des travaux de restructuration, un repositionnement de l’immeuble en accord avec les nouvelles normes, une reconversion des bureaux obsolètes en logements ou encore plusieurs labellisations. En effet, les fonds immobiliers peuvent être certifiés de nombreux labels, qu’ils soient spécifiques aux bâtiments (BREEAM, HQE, BBC) ou qu'ils concernent plus globalement la finance immobilière durable (ISR Immobilier, délivré par trois organismes certificateurs). Les fonds immobiliers s’attachent donc à rendre leur parc immobilier plus vert.


De nombreux progrès ont aussi été réalisés en matière de construction. C’est pour cette raison que la filière bois s’engage à soutenir le secteur du bâtiment dans sa quête à la décarbonation avec son “Plan Ambition bois-construction 2030”.

Afin de diminuer l’impact carbone des bâtiments, poursuivre l’amélioration de leur performance énergétique et en garantir la fraîcheur pendant les étés caniculaires, le gouvernement a mis en place la Réglementation Environnementale 2020 qui entrera en vigueur le 1er janvier 2022. Cette réglementation doit permettre de mettre un terme à l’utilisation de gaz dans les constructions neuves grâce à l'introduction d’un plafond d’émissions de gaz à effet de serre. 

“A ce jour, le secteur bois recouvre 23% des énergies renouvelables. Le bois énergie constitue une voie principale à la substitution des énergies fossiles, associant l’optimisation énergétique et la performance environnementale. Lorsque l’on utilise du bois énergie, le carbone « libéré » représente du carbone biogénique, puisqu’il a été compensé par la gestion de la ressource des forêts utilisées et gérées : un arbre récolté est systématiquement remplacé” d'après le Plan Ambition Bois-Construction 2030 dévoilé par la filière bois en février dernier.

La filière bois indique que l’usage renforcé du bois et des matériaux biosourcés permettront à la France de réduire le poids du carbone dans son économie. Ils présentent des qualités techniques durables tout en étant le garant d’un cadre de vie harmonieux, respectueux des engagements écologiques. 

La filière bois s’engage également à développer l’offre en bois français, qu’il s’agisse de favoriser la construction de logements, de permettre une meilleure isolation/rénovation du bâtiment ou d’encourager l’usage d’une énergie de chauffage verte. Elle compte également soutenir l’économie des territoires en finançant des acteurs industriels de référence. En partenariat avec la BPI, elle promeut la création d’un fonds bois spécialisé dont l’objectif est de favoriser le développement des entreprises de la filière bois et ainsi accroître sa souveraineté nationale. Néanmoins, elle se confronte depuis plusieurs mois aux problématiques de disponibilité des matériaux et leur prix de plus en plus élevé.

Fort de ses qualités techniques et environnementales, la filière bois est la première filière contributrice à la réduction de l’effet de serre. C’est pourquoi elle met tout en œuvre pour participer à l’effort collectif en soutenant le secteur du bâtiment à renforcer l’usage du bois et des matériaux biosourcés dans ses constructions. 

Le secteur de l’immobilier et du bâtiment a un rôle prépondérant dans la lutte contre le réchauffement climatique et l’objectif de neutralité carbone fixé par le gouvernement français. Différents dispositifs sont mis en place, mais c’est bien grâce à un effort collectif mené par tous les secteurs qu’il sera possible de répondre à ces enjeux environnementaux.

FR : Etudes de Marché   FR : Rock & DATA   FR : août 20, 2021

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Mots Clés

Qu’est-ce que la Taxonomie Européenne ?

La taxonomie européenne est un cadre défini par l'Union Européenne qui a pour objectif de classer les activités économiques en fonction de leur impact environnemental et social. Elle permet de définir les activités qui sont considérées comme "durables" et de les différencier des activités qui ne le sont pas, permettant ainsi à l’investisseur de prendre des décisions d’investissement éclairées.

La taxonomie européenne établit une catégorisation des activités économiques sur la base de critères scientifiques permettant l’identification de ces activités dites durables ou "vertes" censées aider les investisseurs dans leur prise de décision. 

Pour classifier une activité économique comme durable, la taxonomie européenne s’appuie sur les six objectifs environnementaux suivants  :

  • L’atténuation du changement climatique ;
  • L'adaptation au changement climatique ;
  • L’utilisation durable et la protection des ressources aquatique et marines ;
  • La transition vers une économie circulaire ;
  • La prévention et la réduction de la pollution ;
  • La protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes ;

Bien que 90 activités économiques représentant environ 80 % des émissions directes de CO2 dans l'Union Européenne soient aujourd’hui couvertes par la taxonomie, cette dernière reste en constante évolution. L’absence d’une activité ne signifie donc pas forcément que celle-ci n’est pas durable.

Mais l’éligibilité d’une activité ne garantit pas pour autant sa durabilité ! En effet, la classification comme activité effectivement durable repose sur le respect des trois conditions cumulatives suivantes : 

  • Contribuer de façon positive et significative à l'un des six objectifs environnementaux cités plus haut (selon des critères précis définis par l'Union européenne) ; 
  • Ne pas avoir d'impact négatif significatif sur les cinq autres objectifs environnementaux ;
  • Respecter des garanties minimales sociales (droits humains, etc.).
  • Démontrer la contribution substantielle et l'absence d'impact négatif significatif se fait au moyen. Prenons un exemple. 

Décryptage : 

Quand une activité remplit ces trois conditions, on dit qu’elle est alignée avec la taxonomie.

Précisons également que la taxonomie peut être utilisée pour déterminer si un produit est éligible au titre d’investissement durable dans le cadre de la réglementation financière européenne, comme le règlement SFDR (Règlement sur les indicateurs de durabilité).

La taxonomie est utilisée pour classer les investissements immobiliers en fonction de leur performance environnementale et sociale. Par exemple, une SCPI ISR (Société Civile de Placement Immobilier Investissement Socialement Responsable) peut être considérée comme durable si elle investit dans des immeubles qui respectent des normes sociales et environnementales élevées, tels que l'efficacité énergétique et la gestion durable de l'eau ou bien si elle met un place un plan permettant la rénovation en ce sens de son patrimoine.

En somme, la taxonomie européenne est un outil important pour identifier les activités économiques qui contribuent à la transition vers une économie plus durable et pour aider les investisseurs à prendre des décisions d'investissement éclairées. Il est donc important de prendre en compte ces critères pour une meilleure performance environnementale et sociale.

Mots clés : Réchauffement climatique, empreinte carbone, taxonomie européenne, écologie, investissement durable, transition énergétique, responsabilité sociale, émissions de carbone, meilleures pratiques environnementales.

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